C'était une jeune fille à la physionomie étrange qui ne faisait pas ses 16 ans. Petite, plate, elle aurait pu être belle si un sourire avait osé percer la froideur de son visage. Ses cheveux, qui lui arrivaient au menton, étaient plats, ternes, mais leur couleur châtain ordinaire était égaiée par deux mèches rouges qui encadraient son visage mince et osseux. Ses grands yeux noisette semblaient constamment au bord des larmes. Son nez était droit et fin, ses levres minces et délicates, ses pommettes saillantes et sans couleurs.
Personne ne savait rien sur elle, mais tout le monde s'en fichait: elle n'était pour les autres qu'une surdouée snob. Mais Lou s'en fichait; elle avait ses secrets et voulait les garder pour elle. Personne ne la croirait, personne ne la comprendrait. Mais par dessus tout, personne n'était magicien. Car aussi incroyable que cela puisse paraitre, Lou pratiquait la magie depuis son plus jeune âge.
En fait, tout le monde peux maîtriser la magie, mais cela nécessite un entrainement intensif, surtout pour les personnes qui n'ont pas grandi entourées de magie. En effet, les ondes de magie sont dangereuse lorseque l'esprit n'a pas apris à discipliner le flux d'énergie libéré, et on peut même en mourrir, mais il est tout de même possible à tout le monde de réussir plus ou moins. Il faut également, pour réussire à la maîtriser, croire en la magie, ce qui n'est déja pas chose aisée.
Depuis l'apparition des hommes, de petites communautés de magiciens se sont formées à travers le monde, mais quelques personnes caressaient encore l'illusion que tous les hommes finiraient bien par accepter l'idée que la magie éxiste et que les magiciens ne seraient plus obligés de se cacher pour ne pas attirer l'attention. Les parents de Lou avaient été comme celà, mais sa faisait longtemps qu'ils avaient perdu tout espoir et ils avaient fini par créer, avec leurs amis, leur propre communauté, mais ses membres ne se retrouvaient que le week-end, simulant une vie normale le reste de la semaine.
Lou avait donc grandi dans un univers mi-magique mi-normal. Contrairement à la plupart des magiciens de son âge, elle n'était pas allé dans une école magique et avait tout appris avec ses parents et la communauté.
C'était un lundi d'hiver où, comme tous les autre jours, Lou regardait par la fenêtre dans l'espoir de trouver quelque cose de plus interessant à faire que de se plonger dans la voix monotone et hypnotique du prof d'histoire. Le ciel était bleu et froid. Il n'y avait personne dans la cour et les flaques miroitaient au soleil. Il avait plut toute la journée. Elle détourna la tête et ouvrit son livre à la page alors demandée et, dégageant d'un geste agacé une mêche qui lui chatouillait le menton, elle se replongea dans ses pensées en soupirant doucement. Quand donc ses parents accepteraient qu'elle aille dans un lycée où on apprenait la magie, comme tous les autres magiciens du même âge, plutôt que de continuer à se morfondre en regardant le ciel à travers la fenêtre d'une salle de classe? Sans doutes jamais.
La cloche sonna. Lou rengea ses affaires et sortit de la salle de classe surchauffée. Une vague de froid assaillit chaque partit de son corps, et c'est en frissonant qu'elle traversa la cour du lycée et qu'elle sortit dans la rue. Elle marcha jusqu'à chez elle d'un pas rapide . La porte grinça doucement tandis qu'elle l'ouvrait et la refermait. Il faisait chaud chez elle, et Lou avait l'impression que son corps stockait la chaleur en prévision du moment où elle braverait à nouveau le froid hivernal.
"Je suis rentrée!" lança-t-elle en direction du salon et, sans attendre de réponse, elle monta les marches de l'escalier quatre à quatre et se précipita dans sa chambre. Elle était fathiguée par sa journée et n'avait qu'une envie: se pelotonner dans sa couette moelleuse (laquelle était tombée par terre) et s'endormir pour le restant de ses jours. Elle se laissa tomber sur son lit et respira profondément. Encore une fois, elle resentait cette colère inexplicable et qui lui serrait le coeur. Pourquoi ne ressentait-elle que des sentiments désagréables, comme, la haine, la colère ou le déséspoir? Elle ne comprenait pas pourquoi elle était si malheureuse. Même si elle était la seule magiciènne au lycée, de toute façon elle n'avait jamais éprouvé le besoin ou l'envie d'avoir des amis, elle se sufisait à elle-même pour le moment. Elle avait envie d'aller dans un lycée magique pour apprendre des choses plus interessantes que ce que ce que ses parents pouvaient eux-même lui apprendre. Peut-être était-elle tout simplement dépressive de nature... Lou n'aimait pas cette idée. D'ailleurs, elle ne voulait pas penser à ça. Pour dire plus simplement, Lou n'aimait pas penser; car chaque instant où elle était seule - et c'était souvent le cas - son cerveau continuait de fonctionner, le soir, elle avait bien souvent du mal à s'endormir, poursuivie par ses pensées. Elle était lasse de réfléchir et de retourner dans sa tête des questions sans réponses. Elle n'arrivait pas à faire une pause, à ne penser à rien. Pourquoi ne poucvait-elle pas ressentir cet état d'insoucience que tous les autres semblaient aprécier?
Elle se leva d'un coup et alla se poster devant le miroir accroché à son mur. Elle se fixa longuement, essayant de trouver dans son propre regard quelque chose qui ne serait ni froid ni distand. Ce ne fut que un long moment après, quand une larme coula le long de sa joue qu'elle cessa de s'observer.
Elle regarda autour d'elle. Sa chambre était sous le toit et avait un plafond de forme étrange. Une petite lucarne laissait passer quelques rayons de lumière qui faisaient briller la poussière en suspention dans l'air. Il était impossible de voir le parquet qui recouvrait le sol, car il était lui-même recouvert de vêtements étalée, de livres, d'affaires de classe, de la couette de Lou, un réveil, et bien d'autres choses encore. Contrairement à se qu'on aurait pu penser, Lou aimait sa chambre. Elle était comme son ocupante: cahotique, étrange, peu attirante et atypique. Elle était également très confortable et Lou s'y sentait bien.
Sans vraiment réfléchir, elle ferma les rideaux d'un claquement de doigts] et retourna s'allonger sur son lit, après y avoir remis sa couette. Mais à peine allongée, elle entendit des pas dans l'éscalier et, intriguée, elle alla ouvrir la porte.
Voilà le premier épisode, et j'attend vos remarques!